Presse & Livre d'or

2012-11-07

DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE EDITION DE SAVERNE, publié le 07/11/2012 à 05:00

 

EDITION DE SAVERNE  SECTEUR DE BOUXWILLER par Emmanuel Viau, publié le 07/11/2012 à 05:00

DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE

·          Les voies de la politique

Dossenheim-sur-Zinsel : Un ancien responsable socialiste devenu tour operator.

Rémy Vettor vit aujourd’hui entre Dossenheim-sur-Zinsel et le Salvador. 

Responsable politique, ça mène à tout. Secrétaire de la section savernoise du PS de 2008 à début 2012, Rémy Vettor a tourné cette page de sa vie pour ouvrir celles de son petit carnet de voyage. Au salon du tourisme de Colmar, ce week-end, il fait la promotion du Salvador.

POUR CERTAINS, l’engagement politique ne s’arrête jamais. On les retrouve encore en place après des années de vie publique ou installés au sein des appareils des partis dans le but de faire leur place… ou de la garder. Pour Rémy Vettor, c’est déjà de l’histoire ancienne. Avec la création de sa société Coloris salvadoriens, il se consacre désormais à sa passion du voyage. Tout en gardant de solides convictions et en misant sur son expérience de la vie publique.

L’année du ras-le-bol

De 2008 à début 2012, au sein du PS savernois, il est de toutes les élections. Mais en 2011, catastrophe. À des résultats politiques décevants, dans une région certes droitière qui a vu naître Adrien Zeller et Philippe Richert, s’ajoutent des problèmes personnels et professionnels. Victime d’un accident à Dettwiller, suite à un malaise alors qu’il distribue des tracts pour la cantonale de Saverne, il subit deux opérations.

Pour le comptable de profession, c’est le ras-le-bol. Il se dit alors : « A 46 ans, on réalise ce qu’on a toujours rêvé de faire ou on ne le fait jamais ». Car un projet un peu fou lui trotte dans la tête. « J’ai toujours eu envie de voyager et de faire partager mes voyages. » Une passion qui lui est venue, tout petit, « par les timbres. Je ne collectionnais que ceux représentant des paysages ou des sites historiques. » Depuis, il a organisé « une dizaine de voyages avec des copains, même dans des endroits où je n’avais jamais mis les pieds ». Mais de là à se lancer dans le tourisme…

Et pourtant, il mise tout là-dessus, avec l’aide d’Enrique, un étudiant salvadorien. Ensemble, ils arpentent pendant plusieurs mois le Salvador, petit pays méconnu d’Amérique centrale au climat tropical et aux 300 km de côte prisée des surfeurs. En quête de bons plans et composant eux-mêmes leurs circuits, loin du tourisme de masse. « Le Salvador, c’est un concentré de toute l’Amérique centrale, avec des temples mayas, le Pacifique, les montagnes, des volcans en activité. Et il y a encore de fortes traditions datant de l’époque maya. »

Ce faisant, insiste-t-il, « on ne s’improvise pas tour operator. On ne nous aurait pas ouvert toutes les portes si on n’avait pas été sérieux. » C’est en effet par la grande porte que sont passés les deux associés, puisqu’après avoir écrit un mail « au culot », ils ont été cet été « reçus par le ministre du tourisme en personne ».

« Il faut que notre activité bénéficie aux gens là-bas »

Face à ce membre d’un gouvernement salvadorien de gauche, le militant PS ne se prive pas de mentionner la couleur de son engagement politique. Son expérience publique du « relationnel » l’aide aussi : « Quand on est reçu par un ministre, il faut savoir parler ». Et lorsque devant le ministre il évoque Strasbourg capitale de l’Europe, il rafle la mise : « J’ai vu ses yeux s’illuminer ».

Marché conclu, donc : les associés organiseront des circuits de 2 à 14 personnes au Salvador, en échange de quoi ils feront la promotion de ce pays en France, en tenant notamment un stand ce week-end au salon international du tourisme et des voyages de Colmar, et en février à celui de Strasbourg.

Concernant son engagement politique, Rémy Vettor dit n’avoir qu’« un seul regret : il y a encore des combats qu’il aurait fallu que je mène » (lire l’encadré). Ceci dit, il profite de son expérience de la communication politique et continue de travailler pour ses convictions. « Il faut que notre activité bénéficie aux gens là-bas. On ne fait que de l’achat local », tandis que 10 % des bénéfices seront consacrés à la protection de la nature et au financement d’une école dédiée aux orphelins.

« Ça a toujours fait partie de ma vision des choses et de ma politique, d’arriver à œuvrer pour les autres. » Une voie qu’il poursuit désormais à l’écart de la politique… « avec les inconvénients en moins ». Sujet sur lequel il ne s’étendra pas.

www.coloris-salvadoriens.com

 
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